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Accord d’Alger, enfin la paix au Mali?

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credit: Koulouba.ml
Poignée de mains entre les délégations à Alger

C

Cela fait 4 jours que l’accord de tant de désaccords a été paraphé à Alger, sans les groupes armés composant la coordination des mouvements de l’Azawad. Cela fait 4 jours que je ne rate plus un seul journal télévisé pour voir les tentatives désespérées de ceux que la majorité des Maliens ont porté au pouvoir essayer de sauver la face, leur face de vendeurs de nation, de vendus.

C’est seulement mon rationalisme qui m’empêche de dire que le président du Mali est le premier des rebelles, car lui et son parti– le parti de tous les Maliens qui veulent garder leurs postes ou en avoir de nouveaux au Conseil des ministres – font que les rebelles trônent à l’Assemblée nationale. Il nous a bien eu avec son discours à l’eau de nationalisme parfumé de populisme. Les Maliens ne pensaient pas du bien de ses prédécesseurs en élisant le descendant de Soundiata. 74% des voix des Maliens pour le Mali d’abord. Mais malheureusement, pour 100% des Maliens ; cela a été la famille d’abord, ensuite le confort du président qui s’est offert un jet dans des conditions de passation de marché bien douteux et les rebelles et leurs groupes armés à la fin.

J’ai tellement envie de les insulter… mais quoi cela servira-t-il ? les Maliens sont endormis ; comme tétanisés par la dure vie qu’ils sont obligés de mener quand ils n’ont pas accès à une caisse de l’État pour se remplir les poches aux dépens des autres, si ce n’est de racketter les autres aux carrefours et autres postes de contrôle.

Oui nous pauvres Maliens sommes comme fatigués de cette histoire, de cette guerre bizarre contre ces hommes bleus, armés jusqu’aux dents , venus de Libye qui ont décidé de créer un Etat sur les 2/3 du territoire malien en commençant par égorger une centaine de militaires en janvier 2012 pour faire fuir le reste et du même coup leur permettre de pratiquer le repli stratégique.

De janvier 2012 à janvier 2013 grâce –ou à cause ? Quelle ingratitude penserait un français !- à Serval, la montée des djihadistes vers Bamako a été enrayée, les mêmes groupes armés qui s’étaient alliés à Aqmi pour et aux pseudo-djihadistes, saccageant tout ce qui représente l’Etat malien et toute infrastructure-même sanitaire-, jusque dans les villages à majorité touaregs – être touaregs était un des arguments pour justifier ces rebellions répétitives contre le Mali- ont eu une nouvelle virginité, oubliant crimes et fortraitures, servant de guides aux français dans l’Adrar des Ifoghas et se réarmant sous l’œil mécontent des militaires maliens stoppés aux encablures du fief des rebelles touaregs (en tout cas ils sont arrivés à convaincre le monde sur cet état de fait).

Cet accord d’Alger, comme les précédents qui ont été signés chez notre grand voisin – qui semble épris de la paix au Mali-sont des sortes de boomerang qui résolvent le problème des rebellions touarègues du Mali de surface, en ignorant superbement les autres ethnies, leurs sentiments et même leur existence dans un territoire sur lequel les Touaregs et leurs alliés arabes – pour appeler un chat par son nom- sont minoritaires. Ces accords ne font que conduire doucement vers une scission du Mali, déjà que c’est le Sénégal qui nous a abandonné dans notre grande fédération du Mali. Maintenant les amis (si on peut les considérer comme tel) veulent nous aider à mettre fin à cette rébellion en fermant les yeux sur les exactions de leur amis (des vrais cette fois-ci !) rebelles.

D’abord les accords Tamanrasset signé le 6 février 1991 avec l’insaisissable Iyad Aghaly, secrétaire général d’un mouvement populaire de l’Azaouad scelle la démilitarisation du nord du Mali. Les forces armées maliennes éviteront les zones de pâturage et les zones à forte concentration de populations dans les 6° et 7° régions actuelles dans l’article 6 de l’accord de Tamanrasset en plus de l’intégration des rebelles dans l’armée nationale, avec leurs grades dans les groupes armés. Ces accords ont été consolidés par le pacte national d’avril 1992.

Ensuite viennent les premiers accords d’Alger qui ont la dénomination de « ACCORD D’ALGER POUR LA RESTAURATION DE LA PAIX, DE LA SECURITE ET DU DEVELOPPEMENT DANS LA REGION DE KIDAL » du 4 juillet 2006. Comme le précise le titre, il est surtout tourné vers la région fief, bizarrement, parce que arabes et touaregs des régions de Tombouctou et Gao y ont bien participé. D’ailleurs ils participent toujours ensemble aux chevauchées guerrières à dos de pick-up surmontées de mitrailleuses contre les soldats maliens. A y croire – et il faut le croire hein !- que la couleur de la peau à son importance dans cette importance dans cette histoire de rébellions répétitives au Mali. Encore une fois intégrations, postes juteux pour calmer les défendeurs de l’Azawad délaissé…

Eh oui ! Je prends les armes pour dénoncer les manques dans ma région pour ensuite les oublier à la première occasion d’une vie meilleure sous des cieux occidentaux ! Et l’unité du Mali qui en ressort émietté malgré la réaffirmation d’un attachement – de qui même ?- au respect de l’intégrité territoriale et de

L’unité nationale, il faut un peu favoriser Kidal qui était jusqu’ici défavorisé par la gestion étatique de l’etat malien.

Pauvre chimère qu’est cet Azawad ! Prétexte à tant de peine, de douleur, de perte.

Perte pour l’État, pour les habitants de ce territoire (nous et eux !).

En dernier lieu, maintenant, l’accord que beaucoup qualifient d’accord du désaccord. On devrait dire des désaccords. Car le désaccord n’est pas unique et de vient pas d’un sens bien qu’il ait été conclu au bout de long mois de négociation et de ballets des délégations et représentants de groupes armés créés au fur et à mesure des changements de positions de leurs leaders.

Il parait que la communauté internationale, entière, ne cherche qu’à mettre fin au conflit armé que connait le Mali depuis 2012. Le gouvernement malien qui voulait s’en tenir qu’aux accords de Ouagadougou (que je n’ai pas oublié mais qui était juste une étape des négociations avec les groupes armés) et voulait laisser pourrir la situation parce que se sentant en force, a été étonné de ne pas être surpris par la réaffirmation des forces en présence dans son nord. Il n’y a pas que les combattants de cette coordination des mouvements de l’Azawad (MNLA, MAA, HCUA), il y a le Gatia qui a pu changer la donne (de la CMA victorieuse de l’armée malienne malmenée suite à la visite de Moussa Mara à Kidal, suivi d’un autre massacre de fonctionnaires maliens et d’un cessez-le-feu obtenu par le président de la Mauritanie, Oud Abdoul-Aziz.)

Eh oui ! Depuis que Serval a empêché aux militaires maliens d’entrer à Kidal, nous nous attendions à quelque chose du genre ! Nous avions été bien servi, Kidal est devenue une ville bastion de la rébellion, purifiée de toute population noire, où les femmes marchent pour soutenir tel ou tel chose  ou empêcher à telle ou telle personne d’atterrir à l’aéroport, que dis-je l’aérodrome – il n’y a pas d’aéroport à Kidal, trouvez la différence-

Les autorités maliennes, clament à qui veut l’entendre qu’il faut faire des concessions pour arriver au plus difficile : la paix

Pour cette paix, le Mali accepte ainsi d’entamer une marche vers un fédéralisme qui ne dit pas son nom, car cela n’est pas écrit en noir et blanc dans le document titré : « ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU MALI ISSU DU PROCESSUS D’ALGER ».

Ma ifestants à Kidal credit photo: maliactu.net
Manifestants à Kidal
credit photo: maliactu.net

Pas seulement Kidal, mais tout le nord du Mali y est appelé « Azawad » bien que les villes de Gao et de Tombouctou ne se retrouvent pas dans ces revendications azawadiennes –ou -daises, c’est à qui mieux-mieux !-.

Des précisions sont même données au terme Azawad dont l’appellation recouvrirait une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord du Mali. Donc, les « représentants de l’Azawad », ces groupes armés, qui, il n’y a pas si longtemps faisaient alliance –tous- avec AQMI et les regardaient s’amuser avec des séances de flagellation publique à la place de sankoré, ont pu convaincre la médiation que nous sommes comme eux des indépendantistes nourris à l’eau de la charia, très sado, qui ne peuvent que suivre leurs maitres dans leurs idées. C’est incroyable !!!

Je me demande vraiment dans quelle langue les populations non-arabo-berbères devront l’exprimer – en dehors du français- pour qu’on  les entendent un jour.

En plus, ils se plaignent et semblent étonnés par la volte-face des groupes armés de la CMA qui ont refusé de signer l’accord le dimanche dernier à Alger en prétextant un mécontentement du peuple du même Azawad qui aurait manifesté dans trois villes (contrôlées par ces mêmes groupes armés) Kidal, Ber et Ménaka.

Des photos démontrent que ce sont encore une fois les enfants et les femmes qui constituaient le gros de la foule d’une centaine de personnes, mais cela ne devrait pas les discréditer, d’ailleurs rien ne peut discréditer ces personnes, «  vaut mieux être dans le cœur de celui qui partage que sous ses yeux » dit le proverbe tombouctien et quand « c’est ta maman qui est aux commandes de la cuisine, ta part ne peut pas se perdre ».

Mais seulement la lecture du dit-document à fait naitre plusieurs questions en moi.

  1. Donc ces personnes qui s’étaient rebellés une première fois puis ont été intégrées dans l’armée malienne, puis sont repartis avec armes et véhicules et ont abattus soldats et civils maliens vont être réintégrés encore dans cette même armée ?
  2. Cet accord signé avec ces groupes armés inclut-il explicitement AQMI  qui n’est pas encore à terre et continue à se terrer dans les grottes du désert ?
  3. Pensez-vous que ces groupes armés vont respecter un mot de cet accord  alors qu’ils n’ont pas respecté les précédents ?
  4. Le gouvernement malien va respecter cet accord avec cette gestion coloniale et fortement centralisée de l’administration ?
  5. Les populations du nord du Mali (moi compris) qui ne se retrouvent pas dans les dites réalités socio-culturelles de cet « Azawad » sont-ils obligés de respecter un accord qui ne les prend nullement en compte ?
  6. Quand l’accord soutient qu’il faut une meilleure représentativité des populations du nord dans les institutions et grands services de l’État, s’agit-il de toutes les populations du nord du Mali ou seulement des membres de ces groupes armés et de leurs soutiens dans les trois villes de Kidal, ber et Ménaka ?
  7. L’article 14 de cet accord soutien que l’État s’engage à mettre en place d’ici 2018 un mécanisme de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’État aux collectivités territoriales sur la base d’un système de péréquation avec une attention particulière pour les régions du nord. Cet article me gêne en plus de l’interrogation sur les raisons d’un tel favoritisme. Ne va-t-il pas sceller le clivage entre les maliens du nord et ceux du Sud ? pourquoi une attention particulière pour les régions du nord alors que nous savons tous que le Mali est l’un des pays les moins développés du monde.

En tout cas, « la paix est un comportement » dit le vieux sage Houphouët Boigny, c’est plus qu’une petite signature, nerveusement gribouillée au coin d’un document dans un grand hôtel… sachez-le !

Les populations en ont besoin pour vivre. Simplement vivre !

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Lettre au président de la république malienne sur le sujet de l’éducation

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credit photo: massacreanimal.org

 

Mes chers lecteurs,

Rassurez-vous, je ne vous prends pas pour son Excellence IBK, président de la république du Mali et la lettre ne vous ai pas adressée.   je me sais  coutumière des lettres, mais celle-ci n’est pas de moi. Elle émane d’un jeune malien, et je ne suis que la…posteuse (celle qui fait le post , vous me suivez j’espère!). j’avoue avoir bien de lettres  personnelles sous ma coupe, que de choses révoltantes à …dire à  ces dirigeants- et pas qu’eux- à n’en pas finir,  mais parfois bloguer devient difficile même pour une fanm doubout!

c’est la lettre d’une jeune étudiant malien en journalisme option télévision au CESTI (Centre d’études des Sciences et Techniques de l’Information)de Dakar,  Mohamed Attaher Halidou. j’espère innover en lui prêtant ma tribune le temps d’une lettre…

 

Excellence, Monsieur le Président !

Jadis, les cadres maliens étaient fiers, fiers d’être bien formés. Le système éducatif malien était l’un des meilleurs sinon le meilleur de la sous – région. Il suffisait tout simplement de décliner votre nationalité malienne pour que les portes des universités étrangères s’ouvrent à vous, affirmait le professeur Dioncounda TRAORE, lors d’une plénière de l’Assemblée Nationale.

Excellence, Monsieur le Président !

Depuis un certain temps, le système éducatif malien s’est écroulé et cela de façon lamentable. Oui, « l’ancien système se meurt et le nouveau refuge de naître ». hélas, mille fois hélas !

Excellence, Monsieur le Président !

L’école est pourtant pour nation, ce que les enfants sont pour le foyer. Mais malheureusement aujourd’hui, la santé de notre chère école est préoccupante. L’école malienne souffre de beaucoup de maux parmi lesquels on peut citer : l’incompétence des acteurs chargés de l’éducation, la démission des parents, la baisse du niveau des enseignants, des élèves et étudiants, la promotion de la médiocrité, l’absence d’éthique et de déontologie, le vide des convictions et des valeurs, l’achat des notes et des diplômes. Que dire encore ? Face à cette situation qui n’honore pas le Mali, je voudrais comme certains maliens, tirer la sonnette d’alarme. Tout semble à croire que l’école n’est pas une priorité au Mali. En effet, depuis quelques années, on a l’impression qu’on cherche à sauver uniquement l’année scolaire ou universitaire mais pas l’école. Alors qu’il est question « d’attaquer le mal à sa racine » comme on le dit.

 

Excellence, Monsieur le président !

Dans un pays comme le Mali où le degré de considération est lié au degré de richesse, certains enseignants ont accepté le sacrifice suprême pour être des modèles, des références. Ils ont servi l’Etat avec loyauté et intégrité. Mais aujourd’hui, ils sont oubliés par la République. Quelle ingratitude ! Cependant, des médiocres excellent, souvent même au plus haut sommet de l’Etat en violation de toute règle de l’éthique et de la morale professionnelle et cela au grand « dam » des excellents. Est – ce à dire que c’est le règne de la médiocrité ? A César ce qui est à César ! Hommage à feu Karim TRAORE, brillant professeur de droit public, qui, toute sa vie durant a fait de l’enseignement, ce noble métier, un sacerdoce. Il est oublié par la République. Dieu seul sait qu’ils sont nombreux comme lui dans cette situation ! Aujourd’hui encore, sa brochure de droit constitutionnel est vendue comme du pain aux étudiants de la F.S.J.P sans le consentement de ses héritiers en violation des droits de la propriété intellectuelle. Quelle honte !

La promotion de l’intégrité doit être encouragée. Ceux qui servent l’Etat avec intégrité et loyauté doivent en retour bénéficier de la reconnaissance de la nation.  C’est aussi cela la République.

La prise de conscience est aujourd’hui une urgence. Ne dit – on pas que : « Celui qui n’a pas accès à l’éducation demeure dans l’obscurité. » Alors, sauvons l’école, notre chère école. L’avenir du pays en dépend ! L’école est le socle du développement et un pays ne peut se développer qu’en lui accordant la priorité et toute la priorité.

Excellence, Monsieur le président !

Enfin, permettez – moi de lancer un vibrant appel à tous les patriotes, à tous les démocrates, à toutes les filles, fils du Mali d’oeuvrer inlassablement pour que notre école, l’école de la République, « la respublica », « la chose publique » retrouve toute sa gloire d’antan.

Vive le Mali et vive l’école de la république !

 

Tombouctou: des liseuses pour le “vivre ensemble”

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lancement de la formation Zineb Benalla et équipe de Pat-Mali. Credit Photo: faty

« Vivre ensemble » le nom des clubs de lecture suffit à résumer le but du projet initié par PAT-MALI (programme d’appui à la transition du Mali). Il s’agit de promouvoir la culture de la tolérance et de la liberté au sein des établissements secondaires de la région de Tombouctou.

Si du 24 au 27 novembre 2014, les 32 professeurs de plusieurs disciplines reçoivent une formation sur les méthodes de mise en place des clubs de lecture, la finalité du projet est d’offrir 320 e-readers aux enseignants, ainsi qu’aux membres des clubs de lecture.

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 Mohamed  Ag L. lors d’une animation, pronnant le vivre ensemble. Credit photo: Faty

Moyens humains et matériels ont été mis en œuvre pour permettre aux écoles d’enseignement secondaire et les instituts de formation professionnels de la région de Tombouctou de profiter de liseuses électroniques contenant plus de 4000 livres dans des clubs de lecture.

La formation a été menée de main de maitre et dans une ambiance bonne enfant par Zineb BENALLA, chercheur associée au centre arabe de la recherche scientifique et des sciences humaines à rabat, une organisation non gouvernementale, à but non lucratif, non partisan, visant la promotion de la liberté, de l’état de droit et de la démocratie.

credit photo: Faty
 liseuses en main, au travail chers profs .Crédit photo: Faty

Heureux étaient ces 32 professeurs (parmi lesquels je figure) de recevoir ces liseuses et le CD (idées pour la liberté) qui leur permettront d’oublier la destruction de leur bibliothèque lors du règne des islamistes sur la vieille ville de Tombouctou d’avril 2012 jusqu’à janvier 2013 quand l’armée française à délogée les djihadistes du nord du Mali, les chassant jusque dans le désert.

Ce matériel aura aussi l’avantage de débarrasser les « professeurs de leur Bic rouge » (dixit Zineb Benalla, la formatrice) qui pourront se jeter de ce lourd manteau de sévérité et de rigueur pour devenir juste des facilitateurs, animateurs de groupes thématiques ayant le retour au vivre ensemble et à l’interculturalité pour les élèves de leurs clubs qu’ils auront choisi pour leur diversités.

credit photo: Faty
crédit photo: Faty

Les liseuses ont été distribuées à la fin de la formation , maintenant la balle est dans le camp des professeurs pour choisir les 10 membres de leur clubs de lecture et apporter leur pierre à l’édifice de la paix au Mali.

Mali : Ebola, l’autre menace…

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On pensait que seuls les groupes armés menaçaient le Mali depuis qu’ils avaient permis à l’armée malienne de vérifier la fiabilité du repli tactique comme stratagème militaire, mais la terrible maladie, qui a fait oublier le sida, le paludisme, le choléra a franchi la frontière de la  Guinée voisine pour s’inviter chez Soundiata… panique à Bamako.

credit photo: google images.
Crédit photo: google images.

Ebola veut faire un tour au Mali… le pire; on essaye de le gérer à la malienne.

On se rend compte que ce dispositif sanitaire à la frontière armée de pistolets détecteurs de forte fièvre est comme du gruyère, les malades passent (et tout le monde en réalité) comme ils veulent. Cette fois-ci, le malade s’est même permis de venir contaminer des gens dans une clinique Hightech pour y mourir et repartir à l’état de cadavre en Guinée sans être entraperçu par un seul policier ou un médecin à Kourélamalé ( frontière entre le Mali et la Guinée).

Bien loin de moi l’idée de vouloir que cette maladie si terrible, qui peut effacer toute une lignée en un rien de temps, à d’autres continents en dehors du notre, mais il faut savoir et reconnaitre que nos pratiques, la proximité, la pauvreté même, sont des facteurs qui favorisent la propagation de cette maladie.

Depuis février où débuta cette terrible pandémie en Guinée-Conakry voisine, la peur s’installa dans le cœur de chaque Malien, surtout les Bamakois qui une frontière des plus actives avec la Guinée.  Une amie américaine qui a longtemps vécu au Mali a pris immédiatement la décision de retourner aux Etats-Unis… Elle connaît notre (nous Africains fétichistes nous pensons que prière peut conjurer le mauvais sort ou prévenir contre une maladie comme Ebola ) goût pour le risque rehaussé par des conduites qui ignorent l’hygiène à cause destraditions.

Ainsi, la prévention d’Ebola veut qu’on se lave les mains au savon plusieurs fois par jour. Ne le dites pas au Malien, car une certaine « coutume » lui dit que l’homme qui lave ses mains avec du savon perdra ses biens comme il est en train de dépouiller de sa paume  cette « saleté répugnante » qui est en réalité sa fortune, d’ailleurs, les plus traditionalistes ne se lavent jamais au savon.

En plus, nous avions la fâcheuse manie de rendre visite aux malades ici. Oui, en groupe, bébés au dos, les mamans en oublient que ce sont de petits corps qui n’ont pas beaucoup de force quand il s’agit de combattre certaines maladies… Le lugubre spot publicitaire qui passe à la télévision nationale n’a pratiquement pas d’incidence sur les comportements de la population.  Si cette maladie se propage dans « ce Mali-là », il est très difficile d’avoir un contrôle de quoi que ce soit. C’est la raison de ma colère envers les dirigeants de cette clinique, dans laquelle un cas d’Ebola a été délibérément admis et caché à l’opinion publique et aux autorités sanitaires.

credit photo: faty
Crédit photo : Faty

Oui délibérément !

Quand vous admettez un malade venu de la Guinée, fiévreux, vous ne pouvez pas ne pas penser à Ebola. Le Malien n’est pas du type à cacher les décès rapprochés dans une famille, car il y voit un mauvais sort si ce n’est de la sorcellerie.

Mais non ! La très sérieuse et huppée clinique Pasteur, qui ne soigne que les riches de la capitale, soignait ce vieillard pour des problèmes rénaux, mettant la vie de toute une nation en jeu pour une histoire de renommée si ce n’est de nom (Pasteur), je pense qu’il se doit que les responsables de cet établissement soient sanctionnés – je ne veux dire châtiés- Je ne peux m’empêcher de penser que la vie de ce jeune infirmer -Salif pouvait être sauvée s’il avait été pris en charge tôt.

A son tour, celui qui a fait la radio développe la maladie, demain ce sera qui ? Le fils du voisin qui a aidé à le mettre dans le corbillard ? l’enfant d’une de ses filles ?

 

Blog Action Day: faire sauter les frontières des inégalités par l’education

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BAD 2014Le 16 octobre est le Blog Action Day, comme le laissait voir mon précédent billet qui vous donnait un avant-gout hier. Le thème est des plus intéressants : les inégalités. Le monde est cousu d’inégalité. Il est très difficile d’avoir une quelconque forme d’égalité dès qu’on examine le genre. Loin de moi l’idée d’utiliser cette journée d’action des blogueurs à travers la terre pour faire mon féminisme- d’ailleurs je ne suis pas féminisme, juste une éducatrice dépitée par les inégalités – mais l’écart grand et l’égard trop minime vis-à-vis des filles. Que des questions qui se bousculent dans ma tête, je pense à la scolarisation de fille qui est toujours base. Je ne peux m’empêcher un Grrrr…. Interne. Rage.

La culture, l’éducation, continuent à creuser l’écart entre filles et garçons. Le garçon peut laisser le champ paternel et partir à l’école, mais la fille ne peut se détacher de sa future tâche de ménagère. La mère, analphabète, partage l’avis du père dans la majorité des cas. Il faut conserver les coutumes coute que coute, quitte à rester pauvres et démunis. Mon constat n’est pas une grande découverte, les gouvernements du monde entier le savent, la formule du développement passe par une éducation de qualité pour tous les membres de la société, sans distinction de genre. Cela permettrait une croissance certaine…

Que le prix Nobel de la paix ait été donné à des acteurs de l’éducation n’est pas gratuit… que ce soit Malala, une fille qui a lutté du haut de ses 17 ans pour aller à l’école, mais aussi pousser d’autres jeunes filles à aimer l’école est un message que nous devrions tous comprendre du Jury des Nobels qui a ainsi fait un clin d’œil à tous les enseignants, les ONG, les organismes des nations unis qui œuvrent dans le cadre de l’éducation. Kailash Satyarthi donne du poids au message, car l’éducation met fin aux inégalités. Même si l’acculturation est une menace, l’éducation permet à la femme africaine(en tout cas !) d’échapper à son rôle de mange mil et d’exécutrice des mauvais ordres ( de l’excision au mariage précoce) J’en suis convaincue… SI l’Unesco soutient que «  c’est dans l’esprit des hommes que nait la guerre et c’est dans leur esprits que doivent être élevées les défenses de la paix » je crie volontiers Alléluia !!! en plus j’y trouve ma formule contre les inégalités : «  l’enseignement fait sauter les frontières de toutes les inégalités entre les hommes »

Alerte à la bombe à Tombouctou

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le courage, ce n’est pas de vivre sans peur. Le courage, c’est d’avoir la peur de sa vie et quand même faire la bonne chose” dit le proverbe et ce dernier va bien avec la situation que nous avons connu à Tombouctou hier.

 

credit photo: Faty
Marché Yoboutao de Tombouctou credit photo: Faty

Tombouctou, jeudi 9 novembre. C’est le quatrième jour de la fête musulmane de l’aid el Adha, communément appelé Tabaski. Après trois jours de fermeture, le marché de Yoboutao, le plus fréquenté de la vieille cité ne connait pas l’affluence de tous les jours pour cause, beaucoup d’entre les marchands sont ressortissants des villages des alentours et ils prennent parfois une semaine avant de revenir leurs stands.

Les gens ayant trop mangé de viande, se dirigent presque systématiquement vers le fond du marché, où se trouvent les vendeuses de poissons. Des femmes acariâtres aux langues acérées qui n’hésitent pas à insulter le client qui se permet de trop rabaisser le prix du poisson qui se marchande encore dans cette partie du Mali. Ce sont les seules qui ont osé se soulever contre la pratique impitoyable de la charia des djihadistes qui ont occupé Tombouctou d’avril 2012 à janvier 2013 ; refusant de porter le voile léger et fort encombrant –pour qui veut être libre de ses gestes-des femmes arabes.

C’est à cet endroit, le marché des poissons qui fut le point de départ d’une panique à Tombouctou : une alerte à la Bombe.

En effet ; c’est une vendeuse qui remarqua un sac noir posé sur une des petites tentes en paille. Il semble rempli. Qui eut l’idée d’appeler le numéro vert de la Minusma ? je sais pas. Mais les casques bleus et des soldats français arrivèrent derechef. Et hop ! le marché est évacué, son accès interdit et les investigations commencent pour la prise en main du colis suspect. Halima, habitante des environs du marché veut déjà partir loin : «  ces djihadistes sont impitoyables, il faudrait partir avant qu’ils ne nous fassent exploser comme ça. » dit –elle , le regard fuyant.

la peur est un microscope qui grossit le danger” disait Jean Louis Auguste Commerson dans la petite encyclopédie bouffonne, verité! meme si le proverbe zarma – encore un!- dit « tune nda hinaye baa gandji hawe » littéralement «  vaut mieux se lever tôt que chercher un gris-gris »

Moi je sais que la peur est toujours accompagné d’une avide curiosité chez nous les femmes, il ne fallait pas nous voir scruter les endroits,  l’oreille tendu, alerte à tout entendre.

C’est un sac, de voyage, noir. Il semble rempli. Si c’est une bombe il ne faudrait pas qu’elle explose ici. Déjà la psychose est grande. Plusieurs attentats ont eu lieu à Tombouctou. Des kamikazes se sont fait exploser devant le lycée Mahamane Alassane Haidara de Tombouctou dans faire de victimes. Un autre attentat contre le camp militaire à la voiture piégée avait tué deux civils.

Ce colis, pourrait être les effets d’un de nos malades mentaux, errant , ramassant des débris çà et là comme s’il s’agissait d’un trésor et les gardant dans ce sac qu’il s’est procuré on ne sait comment.

La conclusion est heureuse. Fausse alarme. Il n’y a pas de bombe dans ce sac et le marché peut rouvrir.

Pour rappel, le nord du Mali, dont Tombouctou, a été occupé par plusieurs groupes armés : MNLA, AQMI, ANCARDINE. En outre , les attentats contre les troupes de la mission des nations unis pour la Mali (MINUSMA) sont de plus en plus nombreux, les derniers en date sont celui contre une patrouille du contingent nigérien à Gao et le tir de 7 roquettes sur le camp de la MINUSMA à Kidal qui a tué un casque bleu sénégalais et blessé deux autres.

 

Des nouvelles de…Faty

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Après une longue pause – A s’en demander si la bonne dame n’a pas trépassé pour qui a « l’esprit bienveillant »- me revoici.

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)
la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

C’est reparti pour le blogging, l’engagement pour mon grand, cher, précieux, chéri, Mali en général. Mais pour surtout pour ma ville natale – Pour qui ne le sait pas car il y a beaucoup de bleus sur la plateforme et j’imagine qu’ils sont déjà envahis par cette envie frénétique de lire les autres blogs de la Mondoblog autant que d’écrire. Une envie qui peut partir … (je l’ai expérimenté pour vous… je comprends le proverbe zarma – dialecte du Niger, affilié au songhoï- qui dit : anniya noo ga yoo gabu, traduction ? c’est avec la volonté qu’on peut piller un dromadaire ! (suffirait de trouver le mortier qui convient me rétorqueraient bien d’autres !)

Bref ! Je suis là et en plus je suis à Tombouctou. Pour qui connait mon amour pour la ville et ma volonté d’y rester pour vivre tranquillement une vie à Tombouctienne ponctuée de taches ménagères et de quelques excursions pour mes articles, et d’activisme sur le net, me comprendrait.

Je suis à Tombouctou depuis une semaine et même mon humeur en a été changée ! J’ai la pèche ! Je me sens super bien ! Même la route que dis-je ? La piste-boueuse, qui mène jusqu’au bord du fleuve pour une longue traverser sur un bac tiré par une grande pirogue à moteur n’a pas réussi à me mettre de mauvaise humeur. La fatigue non plus. Cette sensation d’être chez soi  est enivrante.

J’en avais marre de Bamako, de sa pluie, de ses moustiques, de ses taxis si chers –suis-je devenue radine en 8 mois de vie à Bamako ?- NON ! Il m’était vital de rentrer fêter tabaski à la maison, avec Papa et maman.

Un lecteur attitré de ce blog ne le découvrirait pas seulement aujourd’hui, mais la tabaski est une fête familiale que je n’aimerai passer nulle part au monde si ce n’est Tombouctou. J’y veille. Dieu me l’a permis plusieurs fois – j’ai le droit d’y croire si je le veux non ?-

D’autres parlent de fête des moutons – si ce n’est aux moutons- mais cet aïd, est la fête qui montre, si elle ne le démontre pas, prouve que l’islam est loin d’être une religion de rejet et de l’extrême, encore moins de haine.

La tabaski est la fête du rapprochement entre les membres de la famille et de la société pour nous. Il représente le partage et l’entraide. Ceux qui ont égorgé partagent leur viande avec les nécessiteux en leur donnant les 2/3.

Certains parlent de massacre des moutons en mangeant tranquillement des conserve de poissons, refusant de voir – car je suis certaine qu’au moins un jour ils ont pensé aussi à la vie de ces pauvres poissons aussi- les milliers de poissons qui sont pêchés dans les océans tous les jours-.

Bon, il faut dire que l’islam est la religion qu’on doit pratiquer et se taire à cause de ces djihadistes aux ceintures piégées de bombes, des organisations terroristes comme Boko Haram qui se moquent du Nigéria –malgré une alliance avec la France et le Cameroun hein !- et massacre d’innocentes populations, faisant des victimes même parmi les musulmans. ANESARDINE, qui s’est moqué du Mali en occupant le nord pendant plus d’une année et en continuant à attaquer la mission des Nations Unis pour le Mali MINUSMA. La dernière attaque contre un camp de la MINUSMA à Kidal – fief réel des groupes armés- ou encore Al-Qaïda… le patron des organisations terroristes. L’islam n’est qu’un prétexte … les véritables musulmans, des victimes.

Je ne donnais pas de nouvelles du Mali, elles n’étaient pas bonnes en réalité. Ce n’est pas la joie au Mali malgré les discours de nos petits apprentis rappeurs qui bizarrement ne parlent que de diarabi –amour-, dableni –vin- et se donnent des surnoms d’animaux forts de la jungle-wara-, s’ils ne s’insultent pas père et mère.

Le Mali est dans une phase bizarre. Les maliens commencent à se rendre compte qu’ils se sont trompé en offrant les rennes du pays à Sound… euh… à Ibrahim Boubacar Keita. Nous sommes passé de l’espoir à la déception en une année.

C’est fou les changements qui peuvent subvenir en une année. En juillet 2013 ; lorsque qu’on élisait IBK, j’étais à Gao… une ville qui est toujours sans électricité et je bloguais par Bouba interposé, lui envoyant les textes que j’écrivais avec mon fameux wiko pour qu’il corrige et qu’il les publie pour moi. Michel Théra me trouvait trop pessimiste, mais j’étais juste sceptique. C’est difficile de ne pas être sceptique quand tu es malien et connaissant ton pays, tes concitoyens et leur capacité à se “servir”, quelques en soient les situations.

Et voilà, ils sont deçus d’apprendre que l’équipe en place à chercher à s’inscrire sur la listes des hommes les plus riches du pays en une année en se remplissant les poches pour l’achat de l’avion impérial et la passation de plusieurs marché. Et même-là, il a fallu que les bailleurs de fonds ferment le robinet à billet et que le FMI envoie des enquêteurs à Bamako pour que certains y croient.

En plus, les jérémiades de nos dirigeants depuis les accords de Ouagadougou au lieu d’engager un dialogue véritable avec non seulement les groupes armés ( qui étaient désarmes à ce moment-là) et les populations du nord du Mali n’ont fait que nous enfoncer et à permis d’atteindre ce point de non-retour pour le gouvernement malien qui a perdu  un avantage de taille.

Et nous voilà repartis vers un autre hold-up, moi et beaucoup d’habitants du nord du Mali, se font représenter par des personnes qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam , à des négociations à Alger. Pire, ils sont des revendications auxquelles nous sommes opposés.

 

“Quand tu ne fais qu’attendre, ton cou en devient long(à force de le hausser pour voir ce qui va arriver)” dit le proverbe