Islam

6 fevrier, lutter encore et toujours contre l’excision

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L’ablation du clitoris continue à être pratiquée implacablement au sud du Mali, des centres villes aux villages, de plus en plus tôt pour échapper au regard des autorités, qui d’ailleurs malgré les nombreuses campagnes de lutte contre l’excision continue à cautionner la pratique  sans pénalisation.

credit photo: lapresse.com
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Une petite conversation avec un citoyen lambda malien ressortissant du sud sur le sujet permet rapidement de se rendre compte que les mentalités n’ont pas changé sur le sujet. Ils continuent à croire que l’excision est une « bonne tradition » qui est nécessaire à toute femme dans son ascension sociale. Elle purifierait la femme  et la protègerait de la prostitution en lui épargnant la débauche sexuelle et de la prostitution.

Ces arguments sont consolidés par ceux des religieux  très conservateurs qui ont trouvé le lien entre l’excision et l’islam par le flou qui réside sur le sujet dans le coran. On en parle par spécifiquement dans l’islam, mais le prophète de l’Islam, Mohamed (paix et salut sur lui) n’a pas ordonné l’arrêt de la pratique, il soutient juste qu’on devrait veiller à ne pas faire mal aux filles. Cette assertion a donné lieu à plusieurs interprétations, et est une des raisons pour lesquelles l’excision n’est pas pratiquée dans les villes du nord du Mali islamisées avant celles du sud, mais il faut reconnaitre que ce c’est une question de traditions.  En réalité, la pratique est antérieure à l’islam et a été tolérée par les religions monothéistes  (islam et christianisme) qui ont envahi le vieux continent déjà animiste.

Que de campagnes médiatiques, de conférence, de débat de négociations et même des tractations – cas de reconversions professionnelles des exciseuses- pour expliquer à ces « coupeurs d’organes »  – qui bizarrement sont des femmes qui ont été excisées et connaissent la souffrance physique extrême qu’elle provoque- que l’excision ne s’attaque pas seulement à l’intégrité physique de la femme – elle-même très importante- mais à toute sa personnalité et compromet sérieusement sa vie lorsque complications surviennent, notamment en cas d’hémorragie ou fistule obstétricale. A tout ceci nous nous pourrions ajouter l’anémie, les infections ou même la mort.

Une chose est sure, l’excision est une pratique odieuse et rétrograde qui devrait disparaitre. Pas seulement au Mali,  mais partout dans le monde. Une journée de lutte ne suffit pas, tous les jours devraient y être consacrés.

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ANSARDINE s’en prend aux chiens de Tombouctou: où sont les amis des animaux? (déjà que la tabaski est proche)

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ANSARDINE à TombouctouLes journaux, les radios, les sites internet relayent à coup de titres tapageurs les sévices que les occupants des trois régions du nord font subir aux populations (moi y compris !) , sur les mausolées profanés, et (héhé !) pourtant il y a du drôle à raconter.

Je ne parlerais que du cas de Tombouctou car ayant assisté aux premiers jours de l’occupation (d’autres diront que j’ai fuit, cela n’engage que moi) par le MNLA (haine est là me plait-je à dire) et ANSARDINE (âne-sardine drôle d’animal nourri à la charia). Est-ce parce qu’ils n’avaient pas de stratégie mûrement réfléchie avant leur raid militaire qu’ils étaient bizarres (je me répète mais c’est nécessaire) ?

Ils ont déjà interdit la cigarette, ils ont  cherché tous les bars et autres maquis pour en détruire les cargaisons d’alcool,  faisant sauter les bouteilles par des tirs dans le tas…  Là j’ai recueilli l’histoire d’un tenancier de bar du quartier Abaradjou  D… qui, quand il vit les moudjahidines s’arrêter devant son bar-restaurant, se vit pousser des ailes et sautant par-dessus un mur pour se retrouver dans la cour de sa belle-mère, oubliant complètement qu’il était torse nu et exhibant son gros ventre. Sa voisine qui me relata les faits se roulait en boule de rire surtout lorsqu’elle imitait le monsieur usant de gestes (la main devant la bouche) pour dire aux habitants de la maison de se taire. Deux jours après il était à Bamako. Son retour dépend certainement du départ de ces Djihadistes !

Quand ils se sont bien installés, après les pillages des services de l’Etat, l’enlèvement de toutes les voitures de l’Etat (vers quelle destination ?), ils ont quitté le camp (pour des raisons qu’ils n’avouent pas) parce que trouvant très louche (la main du saint Mahamane Tambatamba les auraient effrayés!) la mort naturelle de plusieurs combattants, mitraillés le monument d’Alfarouk (en représailles ?!!) ANSARDINE s’est installé et a chassé les rats du MNLA (qui arnaquaient la population noire surtout car avoir la peau blanche est une bénédiction sans tomber dans du racisme primaire je l’espère, c’est triste mais ce n’est que la vérité !). Tous les déplacés du nord au sud vous dirons que les rebelles ne fouillent que les autres (eux sonrai, peulh, bozos), les insultant et se fiant à leur flair pour détecter les militaires qu’ils appellent bambara (oui, alors qu’il y a un tas d’intégrés touaregs (ça y ait le mot est prononcé) qui sont même de pères Bambaras et militaires. Ils n’hésitent pas à faire descendre même les personnes âgées des camions tout en sachant que tout mouvement leur est difficile.

Cela me rappelle l’histoire de cette vieille dame de l’ethnie sonrai (majoritaire à Tombouctou et d’ailleurs au nord du Mali entier) qui me fit beaucoup rire en me racontant son périple (que je vous traduis du sonrai).

–          A Léré, ces maudits nous ont trouvé en train de manger dans une sorte de restaurant

–          Comment ça ? ce n’est pas un vrai ?

–          La femme a préparé le riz au gras le plus rapide de toute ma vie de cuisinière : elle a allumé le feu, elle a mis beaucoup d’eau, elle a mis du sel, un morceau de viande. Ça a bouillant un instant et elle a lavé du riz qui doit dater de l’année où je suis allé au Niger et  pas plus de  vingt minute et ils servaient les passagers  !

–          Vraiment tu as raison, dis-je, et les rebelles ?

–          Ils sont passés devant notre voiture deux fois sans rien nous dire

–          Ils sont ensuite revenus pour entrer dans la seule boutique  en face de nous. Il y avait un d’entre eux qui me regardait chiquer mon tabac un instant. Un gringalet-là

–          Ahan

–          Il s’est dirigé vers moi et m’a tendu un billet de 5000 F CFA

–          Tu l’as pris

–        oui mais je l’ai donné à mes petites-filles qui n’ont pas arrêté de dire que c’était un ancien amant, il pourrait être mon petit-fils même en réalité !

–          Peut-être que tu lui rappelle sa mère en chiquant le tabac !

–          Ces chiens ont-ils des mères pour nous faire ça ? je ne crois pas!

–          Alors qu’ils ont dépouillé d’autres de leur argent, ma tante tu as de la chance

–          Mais il y avait un imbécile qui ressemble à un amaldème (ce terme veut dire retardé mental au Mali) qui voulait me faire descendre de force quand  on était au bac de koriomé.

–          Il m’a dit « hey je n’ai pas dit à toutes les personnes de descendre ? (personne se dit boro en sonrai) » je lui ai répondu que je ne suis pas une personne mais un bargon (qui veut dire barrique en français), les gens ont tellement rit.

–          Tu es descendue?

–         Bien sûr que non il n’avait qu’à monter me faire descendre, Que Dieu les maudisse tous! rajoute-t-elle.

Et malgré toute la douleur qu’ils ressentent, les ressortissants de Tombouctou ne peuvent s’empêcher de rire quand ils se racontent ces anecdotes (teintés de mensonges selon le talent des narrateurs  pour se donner de l’importance peut être).

Ce qui nous a fait rire aujourd’hui  en famille ? Les rebelles s’en prennent aux chiens qu’ils repèrent à leurs aboiements et qu’ils canardent (pour s’entrainer en attendant les combats contre les troupes de la CEDEAO ? je me demande bien !). En tout cas ils affirment que c’est parce que le chien est un animal que l’islam n’apprécie pas il empêche aux bons esprits de rentrer dans la ville, soutiennent-ils !

–          mais ce sont eux les mauvais esprits qui empêchent aux bons de rester chez eux depuis qu’ils sont là. Que Dieu les maudisse ! ( encore une fois) en tout cas nous ne  leur pardonnerons jamais de nous avoir dispersés de cette manière !