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Tombouctou: des liseuses pour le “vivre ensemble”

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lancement de la formation Zineb Benalla et équipe de Pat-Mali. Credit Photo: faty

« Vivre ensemble » le nom des clubs de lecture suffit à résumer le but du projet initié par PAT-MALI (programme d’appui à la transition du Mali). Il s’agit de promouvoir la culture de la tolérance et de la liberté au sein des établissements secondaires de la région de Tombouctou.

Si du 24 au 27 novembre 2014, les 32 professeurs de plusieurs disciplines reçoivent une formation sur les méthodes de mise en place des clubs de lecture, la finalité du projet est d’offrir 320 e-readers aux enseignants, ainsi qu’aux membres des clubs de lecture.

credit photo: Faty
 Mohamed  Ag L. lors d’une animation, pronnant le vivre ensemble. Credit photo: Faty

Moyens humains et matériels ont été mis en œuvre pour permettre aux écoles d’enseignement secondaire et les instituts de formation professionnels de la région de Tombouctou de profiter de liseuses électroniques contenant plus de 4000 livres dans des clubs de lecture.

La formation a été menée de main de maitre et dans une ambiance bonne enfant par Zineb BENALLA, chercheur associée au centre arabe de la recherche scientifique et des sciences humaines à rabat, une organisation non gouvernementale, à but non lucratif, non partisan, visant la promotion de la liberté, de l’état de droit et de la démocratie.

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 liseuses en main, au travail chers profs .Crédit photo: Faty

Heureux étaient ces 32 professeurs (parmi lesquels je figure) de recevoir ces liseuses et le CD (idées pour la liberté) qui leur permettront d’oublier la destruction de leur bibliothèque lors du règne des islamistes sur la vieille ville de Tombouctou d’avril 2012 jusqu’à janvier 2013 quand l’armée française à délogée les djihadistes du nord du Mali, les chassant jusque dans le désert.

Ce matériel aura aussi l’avantage de débarrasser les « professeurs de leur Bic rouge » (dixit Zineb Benalla, la formatrice) qui pourront se jeter de ce lourd manteau de sévérité et de rigueur pour devenir juste des facilitateurs, animateurs de groupes thématiques ayant le retour au vivre ensemble et à l’interculturalité pour les élèves de leurs clubs qu’ils auront choisi pour leur diversités.

credit photo: Faty
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Les liseuses ont été distribuées à la fin de la formation , maintenant la balle est dans le camp des professeurs pour choisir les 10 membres de leur clubs de lecture et apporter leur pierre à l’édifice de la paix au Mali.

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Lettre ouverte d’une malienne au futur president du Mali

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credit photo: abamako.com
credit photo: abamako.com

Excellence Monsieur le président

C’est le cœur plein d’espoir que je vous écris cette lettre. Je sais, vous ne me connaissez pas, mais bon je suis juste une jeune malienne qui ne veux garder  que l’espoir et crois à un avenir rayonnant pour son pays malgré les mésaventures que nous avions connus  depuis notre indépendance en 1960. Je sais que la campagne électorale sera fermée ce soir et que les dés sont déjà jetés.

Monsieur le président, quel que soit votre nom, je n’ai pas voté pour vous, sachez-le. Pas parce que j’ai mis un bulletin blanc dans l’urne  comme j’en avais l’intention, ou parce que je ne comprenais rien à la procédure de vote comme beaucoup de mes compatriotes.

NON, je n’ai pas voté parce que je fais partie de ces milliers de maliens qui ont pris la poudre d’escampette vers le sud lorsque leurs villes ont été occupées par des barbus maigrichons et analphabètes qui prônaient une autre charia.

Ces déplacés qui ont acquis le titre de réfugiés dans leur propre pays. Et avec le privilège de devenir invisible. En effet, mon président, j’ai l’impression de ne pas exister.  De n’avoir plus les mêmes droits que les autres maliens. Bien sûr,  je continue à percevoir mon salaire d’enseignante mais encore… c’est à peine si j’arrive à m’en sortir avec toutes ces dépenses et la responsabilité de la capitale : Nourriture, loyer, transport, santé. Nous n’étions pas habitués à cela dans notre  « nord », je ne veux pas dire notre brousse  comme pensent beaucoup d’autres. Nous y étions bien, et là-bas nous étions des citoyens à part entière qui pouvions voter quand l’occasion se présentait.

Monsieur,  je ne veux pas du tout m’épancher sur votre passé, que ce soit celui d’un premier ministre  qui supprima la bourse des collégiens durant son mandat ou d’un ancien ministre des finances originaire justement d’un nord qu’il semble l’oublier. Mais prennez en compte la souffrance de ces déplacés qui ne veulent que la « paix » pour retrouver leurs terres et leurs occupations d’antan.

Mon président, ne soyez pas comme tous ces candidats à la présidence qui nous ont promis le changement  pour mettre en place un savant système de corruption et favorisant le népotisme qui a mis les jeunes du pays sur les routes clandestines de l’immigration. J’espère que cette fois-ci le discours envers les jeunes ne sera pas seulement feux de paille ayant pour but de les pousser seulement à vous accorder leur voix.

J’espère qu’une refonte du système éducatif sera votre chantier. Nous en avons besoin. L’école malienne est à genou. Les écoles privées qui ne pensent aux subventions de l’état au détriment de la qualité dès l’enseignement fleurissent chaque jour aux cotés de celles élitistes que seuls les enfants de riches, vos enfants peuvent fréquenter. Je vous en prie, ayez pitié de ces milliers de paysans, analphabètes qui pensent plus à la main d’œuvre dont ils ont besoin pour l’agriculture aux techniques archaïques qu’ils pratiquent, qu’à inscrire leurs enfants à l’école.

Mon président, surtout pensez à la femme malienne. Qu’elles soient rurales ou citadines, aidez-les à s’extirper de pratiques obscurantistes comme l’excision et le mariage forcé pour lui permettre aussi de participer au développement de son pays ; un citoyen  qui aura étudié, qui  se sera forgée une opinion et s’en remettra aux décisions des hommes.  Je ne suis pas un dragon du féminisme qui voudrait couper la tête de tous  les hommes, responsables de leurs malheurs, non, je suis juste une jeune malienne engagée pour son pays.  Qui voudrais que vous permettiez aux femmes d’être des acteurs du développement, d’être  députés, maires, directrices, PDG .

Parce que ressortissante du nord du pays, je ne vous dirais pas de penser  au développement du nord, non, je suis malienne, j’ai parcouru le pays, et je sais que le sud n’est pas plus mal loti que le nord. Je sais que certaines idées divulguées dans ce sens pour justifier cette rébellion ne sont pas fondées.

Moi ce que je voudrais, c’est que vous combliez ce fossé qu’ils veulent creuser entre le nord et le sud du Mali par le racisme ou la religion.

Monsieur, je tiens à ma nationalité, à l’unicité de mon pays plus que tout. Comme tous les vrais maliens. Comme vous j’imagine. Je vous fait confiance pour empêcher à ces séparatistes qui ne sont en réalités que des commerçants qui troquent facilement la Kalachnikov contre une guitare, si ce n’est un micro, de faire reprendre à notre pays  un nom presque oublié : Soudan. Le soudan du nord et celui du Sud existe déjà, s’en ai assez. Le Mali est un et indivisible. Faites-le leur savoir. Monsieur.

Ils veulent l’autonomie ?  Je ne sais pas ce que vous dites sur ce sujet dans votre programme, mais la décentralisation, la démocratie, la liberté d’expression n’est-elle pas une autonomie ? Sachez –le, moi et beaucoup de maliens vous en voudrons si jamais,  vous vous hasardez à tomber dans le même piège que le président qui vous a précédé et dont il est inutile de dire le nom. La moindre faveur en leur égard se retournera en votre défaveur et pourra servir à vos adversaires des élections prochaines. Nous ne voulons plus d’eux dans notre armée. Ils veulent des avantages ? Qu’ils laissent tomber les armes pour se consacrer aux activités qui connaissent et qui peuvent  leurs rapporter des revenus : l’élevage, le commerce, la musique, l’hôtellerie. Qu’ils oublient le trafic de drogue et la politique du peuple martyre.  Le peuple touareg n’a que trop souffert . Il  aspire à la tranquillité  et à la paix pour jouir des bienfaits du  désert  et leurs troupeaux du pâturage.

Mon président je ne sais pas comment vous allez vous en prendre, mais je vous en prie,  faites renaitre notre armée de ses cendres.  Oui, cette armée qui a fait objet de tellement de railleries (de part aussi hein !) dont vous serez le maitre, doit être le garant de notre souveraineté. Je ne voudrais plus jamais entendre dire que nos soldats ont replié, qu’ils ont été massacrés par des rebelles mieux armés, qu’ils ont fait un coup d’état ou pire qu’ils se sont entretués  comme nous l’avons vu  faire les bérets vert et rouge. Plus de sous-couvert pour les recrutements et plus de junte qui jouit de privilèges de chef d’état et nous oblige à nous arrêter aux feux de signalisations à chaque passage.

Mon président, le chantier est fastidieux, mais je crois en Dieu, je crois en vous. Je serais là, à chaque tournant de votre pouvoir pas pour vous juger, mais juste parce que le Mali est mon pays et je veux y rester et y vivre.  Mon vote aux prochaines élections présidentielles dépend de vos réalisations durant ce mandat si délicat.

 

credit photo: maliactu.net
credit photo: maliactu.net

 

Visite triomphale de François Hollande au Mali

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tous crient vive la France! vive Hollande!Le président de la république du Mali Dioncounda Traoré était à la  descente d’avion du président français  dès sept heures du matin. C’est dans cette région qui a subit les assauts de terroristes à Konna et qui a vu la France entrer en guerre pour  non seulement  arrêter leur progression vers la capitale Bamako, mais aussi reprendre le territoire occupé depuis neuf mois.

La seconde étape : Tombouctou, la mystérieuse qui attendait avec ferveur l’arrivé de son sauveur. En effet Tombouctou, certainement à cause de sa renommée de ville islamique, a particulièrement souffert pendant les neuf mois d’occupation : des mausolées et cimetières profanés, manuscrits millénaires brulés,  femmes violées, couples lapidés, mains coupées, ne pouvant même plus exécuter  ses rites religieux.  Tous les habitants de la ville étaient  dans la rue scandant Hollande ! Hollande !à plein poumons et en discontinu.   J’étais à Tombouctou en début novembre et  la ville m’est apparue si déserte !  Les habitants se terraient dans les maisons car la place de la mosquée de Sankoré qui a l’habitude d’accueillir les habitants de la ville pour la Fatiha du Mouloud est noire de monde  et tous les tambours traditionnels sont sortis de leurs caches. Les femmes portent les habits qui étaient interdits de port : des Bazin, des wax, des voiles- transparents cette fois-ci-des talons, bien maquillées, libres de mouvements  si joyeuses.Il a  suffi de 15 jours pour changer le train de leur vie. Il a fallu SERVAL.

La grande mosquée de Tombouctou qui fut profané à travers le mausolée des jumeaux saints a accueilli ses prestigieux hôtes avec  pour guide  l’Imam BEN ESSAYOUTI. Hollande y formua ses vœux pour un rayonnement continu de la ville des trois cent trente-trois saints. Un sourire satisfait reste collé au visage de Dioncounda Traoré qui évoqua encore une fois le grand contraste qu’est l’occupation d’une ville comme Tombouctou  par des Djihadistes  « ça fait onze siècle que cette ville connait l’islam ».

En brulant les manuscrits qui étaient entreposés au CEDRAB, les pseudo-djihadistes ont porté un grand coup au patrimoine culturel de l’humanité, les lieux ont été également visités par la délégation du jour  qui a pu voir l’ampleur des dégâts. Avant de quitter Tombouctou, la mystérieuse, Hollande a  réservé la dernière étape aux troupes –français et maliens- qui ont délivré la ville en leur tenant un discours chaleureux en insistant sur leur mission qui a été salutaire pour les populations qu’ils doivent continuer à protéger.

Enfin sur cap Bamako l’après-midi, les deux présidents –devenus amis certainement- sont à l’aéroport Bamako-Sénou où ils sont accueillis par le premier ministre du Mali Diango Sissoko vers quatorze heures. La visite sera aussi éclair que l’est SERVAL. D’abord un gouter de travail avec les maliens à Koulouba-où se trouve le palais- ensuite le dépôt d’une gerbe de fleur au monument de l’indépendance, enfin une conférence de presse dans la soirée avant de s’envoler vers Paris.

Bien simple ainsi présenté, mais vous êtes loin de vous imaginer la ferveur, l’émotion qui y sont avec  des maliens complètement  sous voués à la France qui n’est plus cet ancien colon qui expulse nos ressortissants dans des charters, armes et soutien les mauvais citoyens qui osent se rebeller –on ne sait même pas pourquoi-non maintenant  la France est un pays Ami et que de pancarte  faites à la va-vite qui lui rendent hommage et que de drapeau François d’autres en ont faits des habits. Ici aussi les mêmes mots : vive Hollande, Vive la France ! –on en oublie le Maliba-

L’équipe de football du Mali joue dans une heure contre l’Afrique du sud dans une heure de temps. Le football est le sport roi  ici, pourtant on s’en moque presque : tout au long du trajet des bamakois en liesse.

Les officiels maliens et un service de l’ordre imposant – le Mali commence à une expérience en la matière il y a eu tellement de marche et de manifestation ces deux dernières années- la foule est si disciplinée que je suis tentée de chercher une autre dénomination – comme la foule est inconsciente et incontrôlée-le centre culturel français qui se trouve juste à un angle du monument est protégée par des buses, mais je trouve cela bien inutile : personne ne pense à gâter ce moment si particulier en les maliens et Hollande.

Des cris annoncent la venue du héros du Jour- et de toujours ?-une longue file de  voitures forme le cortège, Hollande est sorti d’une voiture blanche accompagné d’un grand nombre de gardes-de-corps qui ne purent empêcher aux journalistes et autres paparazzi de l’entourer. Accolades avec Dioncounda, les deux présidents restent main dans la main, saluant la foule d’un même geste. Le premier à livrer son discours est le malien qui se termine sur un vive Tombouctou, vive Bamako vive la France, émouvant !

Le discours de hollande aussi l’a été  qui déclara « nous payons notre dette à votre égard » avoue faire un acte politique important.  Il a ensuite rassuré disant que la France restera le temps qu’il faut pour que le Mali retrouve l’intégrité de tout son territoire.