Moussa Mara

Mali : imbroglio au sommet de l’Etat

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« fama dè bi fama wolo », on hérite du pouvoir, dit un adage bambara, pas si faux… suffit d’ouvrir l’œil sur ce qui est en train de se dérouler maintenant au Mali.

credit photo: Kassim Traoré , Klédu
Crédit photo : Kassim Traoré , Klédu

Pour bien comprendre l’arène politique malienne, je reviens vous parler de politique après trois bons mois de repos inopiné, il faut dire -, bien empressée de parler enfin politique malienne avec mon si cher politologue Serge Katembera.

La démission de Oumar Tatam Ly et son remplacement par Moussa Mara, un jeune loup en politique au Mali, au poste de premier ministre, rendait l’occasion trop belle…Il n’est pas du parti du président et n’a pas obtenu un score conséquent aux législatives. Une incompréhension totale pour le Malien, cet engagé pour le pain quotidien –ben oui- qui n’hésite pas à prendre les couleurs du parti du  gouvernant pour garder son poste et continuer ses petites magouilles,  même si le nouvel élu clame haut et fort lutter contre la corruption et le népotisme !!! Tous les Maliens se valent…

Ainsi, je me permets un petit historique du RPM, le parti de Soundiata Keita Ibrahim Boubacar Keita.

Le RPM, Rassemblement pour le Mali,  a été créé par IBK en février  2001, quand, mécontent du super parti présidentiel’ Adema-PASJ (L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice) – plus connu dans les villages maliens par son effigie d’abeille rouge- dont il a démissionné. Alpha Oumar Konaré arrivait à la fin de ses deux mandats de président démocratiquement élu après la « révolution de mars 1991 ». IBK, alors ancien premier ministre et président du parti a fait ses valises avec un bon lot de cadres de l’Adema A-PAJS dans une nouvelle alliance « Alternative 2002 » chargée de le porter au pouvoir malgré les manigances politiciennes de ses ennemis –anciens  (Adema) et nouveaux (ATT et ses groupes de soutien qui ont décidé de le soutenir en jurant mourir pour lui, eh oui !)-

L’alliance a donné naissance à ce parti que j’aurais bien traité de nationaliste si je pouvais, ne serait-ce qu’en me fiant à son slogan populiste « le Mali d’abord ».  Il n’est bien sûr pas sorti vainqueur du combat -était-ce possible à ce temps-là.  Mais, j’ai l’impression qu’on peut se permettre d’être foncièrement nationaliste et rester politiquement fréquentable quand on est africain !

D’ailleurs, c’est la tasse de thé des tous ces fous du pouvoir, prêts à tout pour y parvenir et y rester. Je peux vous citer des exemples à tour de main – et même ajouter les pieds pour compter- . Il y a le BOG ivoirien qu’évoque Fofana Baba Idrissa dans un billet récent : Bédié, Ouattara, Gbagbo.

Au Mali, nous avons frôlé ce point de non-retour avec non seulement les agissements de certains (pas tous heureusement pour le Mali !) séparatistes touaregs avec un MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et une jeune garde communicatrice qui vendit son histoire du l’homme bleu du désert avide de liberté, persécuté et martyrisé par un Etat raciste – il faut bien du piment et des retournements de situations à toute histoire non ? Ils ont oublié qu’ils ne sont pas majoritaires sur ces dites terres historiques de leurs ancêtres nomades- à qui veut le veut !

Mais le summum a été atteint pendant la campagne électorale qui précéda l’élection d’IBK à la fonction suprême. La discussion a été longue entre moi et Boukary Konaté lorsqu’il comprit mon dépit et le sentiment d’être une laissée-pour-compte que cela fit naître en moi– et beaucoup de Maliens ressortissants du nord du Mali-. Tous les moyens ont été bons pour accéder au pouvoir  -enfin, cela semblait possible pour lui après les fraudes si bien organisées d’ATT- pour tous, quand les uns faisaient la campagne dans les mosquées à coup d’« incha Allah » et de promesses, les autres partaient dans les hameaux pour chercher des bêtes sauvages  à faire voter dans les zones désertées de toute population, conflit oblige.

A l’habitant de chaque partie du territoire, à chaque groupe d’âge, à chaque ethnie, le discours qui lui sied :

–          Sud : nous sommes les descendants du grand et prestigieux Soundiata Keita, créateur du grand empire du Mali et nous ne laisserons personne le diviser. Il est un et indivisible.

–          Nord : nous allons chasser les «  bourdamé » (peaux blanches en général) de force et faire revenir la République et tous les avantages, en mettant sur pieds des vrais projets qui vont permettre au nord du Mali de rattraper son retour sur le plan du développement. Il n’y aura plus de guerre au Mali, nous vous garantirons la paix.

–           Aux jeunes, promesse est faite d’emplois pour la majorité, les candidats rivalisent en matière de chiffres tapageurs.

Pour les discours ethnocentristes et nationalistes, je ne veux pas leur permettre le privilège de figurer sur mon blog, donc faisons comme si nous ne les avions entendu. Personne ne peut me retirer ma nationalité malienne. Même si je n’ai pu voter et exprimer mon dégoût pour ces politiques qui oublient le peuple dès qu’ils parviennent à monter la colline de Koulouba. Il paraît qu’il fallait organiser le scrutin avec ceux qui pouvaient y participer pour sortir le pays du gouffre et nous frayer un chemin vers la liberté, libération plutôt, car je suis certaine que nous avons aussi échappé à un massacre des populations restées sur place… heureuse que les occupants se soient contentés d’amuser leurs investisseurs du Qatar par des pseudo-applications de charia et que le MNLA reste encore égal à lui-même : un caméléon qui change de couleur au gré de son environnement .

Revenons à notre mouton, le RPM et ses problèmes avec son créateur de président qui se fia certainement à son inactivité des dernières années pour  lui refuser tout mérite par rapport à son si joli score au second tour de l’élection présidentielle de juillet 2013, 77,62 %. Il faut dire qu’à la présidentielle de 2007, le score du RPM, 14,71 % n’était pas très honorable  et  le si cher  « président fondateur » –mon respect Mamane !- a  eu  du mal à se faire réélire aux législatives, c’est  parce qu’il était opposé en commune IV de Bamako, à  la force montante qui pratique le porte- à-porte comme Barack Obama en politique : Moussa Mara.

Le point de presse du nouveau premier ministre lui a permis de jeter les bases d’une  certaine coopération avec la majorité – que j’hésite à qualifier de présidentielle – et l’opposition, promettant de mettre chacun dans ses droits pour permettre au président de ne pas décevoir le peuple, comprenne qui pourra, ce qu’il voudra.

La réalité est un Mali encore coupé en deux, avec non seulement une région concédée – ha c’est le mot que j’ai trouvé hein !-aux bandits  touaregs  armés  qui ont décidé de revenir sous le giron politiquement correct du MNLA avec l’accord de la France et de la Minusma, sensés aider le Mali à recouvrer son intégrité, mais aussi les deux autres régions jadis occupées ( Gao et Tombouctou) qui  attendent encore le retour de la paix et des fonctionnaires de l’Etat pour que vraie vie recommence, craignant encore le retour des troupes des pseudo-djihadistes encore embusquées dans les grottes du désert.

Ainsi va le Mali…

 

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Mali: le spectre de la fièvre d’Ebola plane encore…

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Ebola. Le nom de cette rivière de l’ancien Zaïre, aujourd’hui RDC, sonne comme celui du plus mauvais  diable (c’est une des choses que les maliens craignent le plus) qui nous menace.

credit photo: www.pieuvre.ca
credit photo: http://www.pieuvre.ca

La rumeur s’est transformée en une sorte de psychose après la diffusion d’un communiqué de presse du gouvernement sur le sujet qui acheva  de créer la panique au gré des interprétations : « Le Gouvernement du Mali informe la population que la fièvre hémorragique d’Ebola dont l’épidémie est actuellement en cours en République de Guinée est une maladie grave et très contagieuse.

Elle se manifeste par une poussée de fièvre accompagnée de diarrhées, de vomissements, de fatigue intense et parfois de saignements.

La transmission se fait par contact direct à travers le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés. Le contact avec les cadavres d’animaux sauvages (singe et chimpanzés, chauve-souris entre autres) et les dépouilles des sujets infectés lors des rites funéraires constituent aussi des facteurs de risques élevés.

Or, à ce jour, il n’existe aucun traitement efficace, ni de vaccin contre cette maladie. C’est pourquoi, le gouvernement invite la population au respect strict des mesures de prévention édictées par les services de santé.

Il conseille aussi d’éviter tout déplacement non essentiel dans les zones épidémiques.

Il lance un appel également au personnel de santé pour respecter et à faire respecter scrupuleusement les mesures de protection individuelle indispensables à la prévention de la maladie. »

Il faut dire que ni la langue ni le vocabulaire utilisés dans le communiqué  n’étaient point accessibles au malien lambda. C’est à l’animateur le plus adroit pour  faire passer le message à travers spots en langues nationales et émissions radiophoniques…. Ensuite à qui comprendra mieux mieux…

Pendant que certains y comprennent que toute la Guinée est en train de mourir de cette maladie qui n’a pas de remède ; d’autres comprirent que la maladie est déjà au Mali et  qu’il ne faut plus sortir de chez soi, éviter tout endroit où on peut rencontrer des guinéens, des singes ou des chauves-souris, les plus pessimistes se voient déjà morts. Quand mes neveux revinrent de l’école et me dirent que leurs maitres leur avaient dit de ne pas jouer avec les chauves-souris et de prêter attention à leur urines et à leurs salives parce que la présence de sang pourrait être le signe de  « FIER  D’ESBOLA » j’en suis restée bouche bée et en ai oublié de rire !!!

Des enseignants peuvent se permettre une telle chose ?

La promptitude et la vitesse à laquelle le gouvernement diffusa ce message de mise en garde ne me plut point, car mettre le peuple en garde –contre quoi que ce soit- ne semblait pas être leur mission favorite, en plus j’ai juste compris  une intention de faire de l’excès de zèle !

Les attentats ou les lancées d’obus dans les villes du nord nous ont-ils valu une seule fois un communiqué de presse ?  Et toutes ces maladies qui sévissent au Mali ? Le cancer du sein ? Le paludisme ? Le Sida ?la tuberculose ? La malnutrition ? le MNLA, sa république – même si elle n’est pas islamique- de l’Azawad et ses soutiens – Du président du Burkina Faso à la Suisse en passant par le grand manitou- n’est-il pas un spectre plus menaçant que cet « Ebola » ?

La fièvre Ebola est mortelle, la Guinée est proche  c’est certain, mais qu’ont-ils dit à propos de l’envahissement de la zone de Yanfolila pour l’exploitation artisanale de l’or par des migrants venant de la sous-région entière et faisant planer la menace du SIDA et des MST sur toute cette zone  en plus du banditisme ?

Malheureusement, les trois cas suspects sont venus aggraver la situation et rien d’étonnant à ce que les jeunes du quartier qui a été choisi pour abriter le site de quarantaine, Lassa, se révoltèrent et parvinrent  à le faire déguerpir…car ils  ont si peur qu’ils croient que le virus peut les affecter quelques soient les précautions.

En attendant les résultats des examens sanguins, la  vie continue…Oumar Tatam Ly démissionne et laisse le poste de premier ministre à un autre jeune loup : Moussa Mara.