Tombouctou

Vivre à Tombouctou…

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credit photo: Faty
credit photo: Faty

Vivre à Tombouctou…c’est habiter le bout de la terre pour ceux qui sont à l’autre bout de la terre pour nous aussi qui y vivons.
Vivre à Tombouctou….c’est habiter une ville perdue dans le désert, où il n’y a ni eau ni électricité, pour ceux qui non seulement habitent loin, mais sont aussi amis avec les vendeurs d’illusions, ceux qui ont pris les armes pour réclamer l’indépendance. Comme si l’indépendance amènerait l’eau et l’électricité dès son obtention, comme par magie.
Vivre à Tombouctou… c’est passer son temps à avoir peur pour les siens, les amis, les villageois des alentours qui sont obligés de prendre les chemins tortueux du désert vers Tombouctou afin d’écouler leurs denrées. Ils risquent à chaque recoin de se faire dépouiller de leurs biens et même des simples téléphones chinois par leurs prétendus libérateurs.
Vivre à Tombouctou… c’est toujours hésiter avant de dire de t’envoyer des mangues de Bamako, car les indépendantistes s’attaquent surtout aux colis de mangues quand ils braquent les camions de transport qui quittent le sud. Bon, il faut dire que tout bon malien du nord (le citoyen lambda ou le voleur caché sous les dunes) adore les mangues!
Vivre à Tombouctou…c’est certainement être un mort vivant pour ceux qui n’y sont pas et savent que vous luttez contre leur projet !
Mais sachez que vivre à Tombouctou… c’est vivre dans un havre de paix malgré tout ça, car ton amour pour la ville t’apaise! Son mystère te transforme: demandez des exemples à Salem Ould Elhadj, l’historien de Tombouctou qui y vit, il te contera l’histoire de ses saints, des miracles de cette ville…Peut-être te parlera-t-il de mon grand-père, Alpha Bocar, ce marabout aveugle qui écrivait et lisait le coran pas en braille hein !

 

A Tombouctou, même pas une trotteuse…

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Une journée presque comme les autres…  A Tombouctou.

Tombouctou  credit photo: Faty
Tombouctou, crédit photo: Faty

La vieille ville essaye d’ignorer ce qui se passe autour d’elle pour subsister… exister. Vivre. Tombouctou respire une grande tranquillité. On dirait qu’elle ne se trouve pas dans cette zone de grande insécurité qui fait la Une des journaux d’information et autres magazines des grandes chaînes occidentales. Ceux qui craignaient de venir et voulaient rester à Bamako contre vents et marées trouvent la cité des 333 saints trop calme. Surtout la nuit. Mais c’est cela Tombouctou, leur répondis-je, dans un éclat de rire. Nous sommes tranquilles ici.

Aucune inquiétude ne peut être lue sur le visage des habitants qui continuent leur vie si particulière. Une vie ponctuée par les cérémonies grandioses de mariage, les baptêmes qui se prolongent jusqu’à la nuit, avec ses griots habituels dont le charismatique Mallé Hamadoun, préféré des femmes, toujours habillé d’un boubou neuf. Il faut dire que dernièrement la moisson est plutôt généreuse. Les gens, surtout les femmes se rattrapent dans ce que j’appelle gaspillage et futilité. C’est à qui donnera le plus de pagnes, d’argent aux griots et autres personnes de castes ou qui se proclament telles et parfois t’agressent pour un billet de 1 000 F CFA.

Une journée presque comme les autres… d’avant ces pseudo adorateurs d’Allah qui n’ont aucun respect pour l’être humain. Ils se disent fidèles à la Sunna (tradition) du prophète – Mohammed paix et salut sur lui- et pourtant ils semblent ignorer tout du respect qu’il avait pour la vie humaine. Ce ne sont que des sbires des cheikhs qatariens -qui s’amusent en regardant des courses de chameaux montés par des enfants (esclaves) ou en séjournant dans des hôtels high-tech qui achètent pour mieux en jouir ou achètent des clubs européens de football en difficulté à coups de pétrodollars.

D’ailleurs, je n’arrive pas à comprendre ce mot islamiste.

Est islamiste celui qui tue pour défendre l’islam ? Qui tue et maltraite même des musulmans ?  Ces gens – les soi-disant islamistes- ne font que nuire à une religion qui est bien éloignée de cette violence, de cette barbarie. L’islam est partage, amour, respect, modération… il l’était à Tombouctou depuis des millénaires. La venue de ces barbus qui entrent dans la grande mosquée avec leurs sales et grosses chaussures n’y a pas changé grand-chose. La sagesse a recommandé la modération. Ils partiront comme ils sont venus nous trouver chez nous. Allah nous voit tous et sait, qui est croyant ont prêché les marabouts à Tombouctou. Ils ont eu raison. Pas un habitant de la ville n’a pu être une victime de ces barbares.

Pendant presque une année, la ville de Tombouctou, son patrimoine si précieux pour l’humanité, ses manuscrits millénaires, ses habitants, ses traditions… ont été les otages de ces barbares. Elle a attendu, patiemment. Un 11 janvier le calvaire a pris fin.

Ainsi, on dirait que Tombouctou veut effacer cet épisode douloureux, ce passage – espérons que c’est le dernier- des narcotrafiquants qui se réclament djihadistes qui a obligé chacun à faire profil bas. Sous le règne d’Ansar Dine tout rassemblement était interdit. Plus de faste pour les mariages qui se déroulaient uniquement à la mosquée, sans tam-tam, ni kôlô (petits tambours en peau de chèvre que les femmes tiennent d’une main pour le frapper de l’autre). Pas de mairie – c’est ainsi qu’on appelle le mariage civil à la mairie- ni de cortège faisant le tour de la ville tambour battant. Tous les mariages célébrés durant cette crise l’ont été dans le silence.

Je suis retournée dans ma ville natale si aimée depuis octobre dernier…  Quel soulagement ! beaucoup , comme moi, ont pris la route piste du retour, préférant fuir Bamako surpeuplée.

Tombouctou, crédit photo: Faty

 

 

Tombouctou, credit photo: Faty

A Tombouctou, la vie est plutôt tranquille, presque arrêtée. Les hivers sont rudes, les vents sifflent et irritent la peau de celles qui ne portent pas le voile. Malgré le vent je décide de sortir. Maintenant que ma fille va à 4 pattes, je me suis dit qu’il fallait lui trouver une trotteuse. Elle en a besoin. Moi aussi. Elle fera moins de dégâts. Elle tombera moins.

Et me voici assise derrière ma petite sœur, sur sa Djakarta – elle est meilleure conductrice, croyez-moi – direction « foire yobou » «  marché de la foire ». C’est le marché le plus éloigné de chez moi. Nous avons fait le tour du marché, scrutant les étalages.  Pas la moindre petite trotteuse. Peut-être que les commerçants qui pourraient avoir l’engin hésitent encore à venir. Ils sont été les victimes de la destruction rageuse des troupes du MNLA & Co. Ils réfléchissent avant de rouvrir.

Maintenant faut redescendre, voir s’il y en a au grand marché «  yobou ber ». Encore une fois rien. Que de la farine, du savon, des voiles (oui !!! les mêmes qu’Ansar Dine a voulu se convaincre d’être l’ initiateur du port à Tombouctou, alors que les femmes le portent depuis bien longtemps), du thé. Des biscuits secs – que nous appelons biscuit dogon – Mais pas de trotteuse.

Une petite distance sépare le marché le plus fréquenté de Tombouctou –même des casques bleus- : ses ruelles sont encombrées d’ustensiles. Le marché des habits de seconde main provenant d’Europe qu’on appelle yougouyougou est bien florissant. Celui des couvertures et des tapis qu’apportent les commerçants arabes aussi, malgré les coupeurs de route et les assassinats dans cette communauté… Aujourd’hui, la brousse semble inhabitable. Beaucoup de ces nomades sont visibles en ville. Ils sont reconnaissables à leurs habits pas très propres de couleur bleue de préférence pour les hommes et les femmes, allez comprendre pourquoi !

« Incroyable, mais pas une trotteuse dans la ville mystérieuse, Il me faudra trouver une solution de rechange » dis-je à ma sœur quand au bout de la rue pavée devant laquelle s’asseyent les femmes de « taara bongou » (des femmes qui font du maraîchage aux alentours de Tombouctou), on voit une trotteuse devant la boutique d’un grand supporter du Real Madrid.

Mais très vite nous déchantons, la petite barre par laquelle je veux prendre la trotteuse me reste en main… je me demande dans quelle province de la Chine celle-ci a été fabriquée.

En somme, pas de trotteuse… il y a la Minusma, des voitures de toutes marques, des casques bleus et des hommes de toutes les nationalités imaginables à Tombouctou, mais impossible d’y trouver une petite trotteuse.

Des nouvelles de…Faty

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Après une longue pause – A s’en demander si la bonne dame n’a pas trépassé pour qui a « l’esprit bienveillant »- me revoici.

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)
la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

C’est reparti pour le blogging, l’engagement pour mon grand, cher, précieux, chéri, Mali en général. Mais pour surtout pour ma ville natale – Pour qui ne le sait pas car il y a beaucoup de bleus sur la plateforme et j’imagine qu’ils sont déjà envahis par cette envie frénétique de lire les autres blogs de la Mondoblog autant que d’écrire. Une envie qui peut partir … (je l’ai expérimenté pour vous… je comprends le proverbe zarma – dialecte du Niger, affilié au songhoï- qui dit : anniya noo ga yoo gabu, traduction ? c’est avec la volonté qu’on peut piller un dromadaire ! (suffirait de trouver le mortier qui convient me rétorqueraient bien d’autres !)

Bref ! Je suis là et en plus je suis à Tombouctou. Pour qui connait mon amour pour la ville et ma volonté d’y rester pour vivre tranquillement une vie à Tombouctienne ponctuée de taches ménagères et de quelques excursions pour mes articles, et d’activisme sur le net, me comprendrait.

Je suis à Tombouctou depuis une semaine et même mon humeur en a été changée ! J’ai la pèche ! Je me sens super bien ! Même la route que dis-je ? La piste-boueuse, qui mène jusqu’au bord du fleuve pour une longue traverser sur un bac tiré par une grande pirogue à moteur n’a pas réussi à me mettre de mauvaise humeur. La fatigue non plus. Cette sensation d’être chez soi  est enivrante.

J’en avais marre de Bamako, de sa pluie, de ses moustiques, de ses taxis si chers –suis-je devenue radine en 8 mois de vie à Bamako ?- NON ! Il m’était vital de rentrer fêter tabaski à la maison, avec Papa et maman.

Un lecteur attitré de ce blog ne le découvrirait pas seulement aujourd’hui, mais la tabaski est une fête familiale que je n’aimerai passer nulle part au monde si ce n’est Tombouctou. J’y veille. Dieu me l’a permis plusieurs fois – j’ai le droit d’y croire si je le veux non ?-

D’autres parlent de fête des moutons – si ce n’est aux moutons- mais cet aïd, est la fête qui montre, si elle ne le démontre pas, prouve que l’islam est loin d’être une religion de rejet et de l’extrême, encore moins de haine.

La tabaski est la fête du rapprochement entre les membres de la famille et de la société pour nous. Il représente le partage et l’entraide. Ceux qui ont égorgé partagent leur viande avec les nécessiteux en leur donnant les 2/3.

Certains parlent de massacre des moutons en mangeant tranquillement des conserve de poissons, refusant de voir – car je suis certaine qu’au moins un jour ils ont pensé aussi à la vie de ces pauvres poissons aussi- les milliers de poissons qui sont pêchés dans les océans tous les jours-.

Bon, il faut dire que l’islam est la religion qu’on doit pratiquer et se taire à cause de ces djihadistes aux ceintures piégées de bombes, des organisations terroristes comme Boko Haram qui se moquent du Nigéria –malgré une alliance avec la France et le Cameroun hein !- et massacre d’innocentes populations, faisant des victimes même parmi les musulmans. ANESARDINE, qui s’est moqué du Mali en occupant le nord pendant plus d’une année et en continuant à attaquer la mission des Nations Unis pour le Mali MINUSMA. La dernière attaque contre un camp de la MINUSMA à Kidal – fief réel des groupes armés- ou encore Al-Qaïda… le patron des organisations terroristes. L’islam n’est qu’un prétexte … les véritables musulmans, des victimes.

Je ne donnais pas de nouvelles du Mali, elles n’étaient pas bonnes en réalité. Ce n’est pas la joie au Mali malgré les discours de nos petits apprentis rappeurs qui bizarrement ne parlent que de diarabi –amour-, dableni –vin- et se donnent des surnoms d’animaux forts de la jungle-wara-, s’ils ne s’insultent pas père et mère.

Le Mali est dans une phase bizarre. Les maliens commencent à se rendre compte qu’ils se sont trompé en offrant les rennes du pays à Sound… euh… à Ibrahim Boubacar Keita. Nous sommes passé de l’espoir à la déception en une année.

C’est fou les changements qui peuvent subvenir en une année. En juillet 2013 ; lorsque qu’on élisait IBK, j’étais à Gao… une ville qui est toujours sans électricité et je bloguais par Bouba interposé, lui envoyant les textes que j’écrivais avec mon fameux wiko pour qu’il corrige et qu’il les publie pour moi. Michel Théra me trouvait trop pessimiste, mais j’étais juste sceptique. C’est difficile de ne pas être sceptique quand tu es malien et connaissant ton pays, tes concitoyens et leur capacité à se “servir”, quelques en soient les situations.

Et voilà, ils sont deçus d’apprendre que l’équipe en place à chercher à s’inscrire sur la listes des hommes les plus riches du pays en une année en se remplissant les poches pour l’achat de l’avion impérial et la passation de plusieurs marché. Et même-là, il a fallu que les bailleurs de fonds ferment le robinet à billet et que le FMI envoie des enquêteurs à Bamako pour que certains y croient.

En plus, les jérémiades de nos dirigeants depuis les accords de Ouagadougou au lieu d’engager un dialogue véritable avec non seulement les groupes armés ( qui étaient désarmes à ce moment-là) et les populations du nord du Mali n’ont fait que nous enfoncer et à permis d’atteindre ce point de non-retour pour le gouvernement malien qui a perdu  un avantage de taille.

Et nous voilà repartis vers un autre hold-up, moi et beaucoup d’habitants du nord du Mali, se font représenter par des personnes qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam , à des négociations à Alger. Pire, ils sont des revendications auxquelles nous sommes opposés.

 

“Quand tu ne fais qu’attendre, ton cou en devient long(à force de le hausser pour voir ce qui va arriver)” dit le proverbe

 

 

Un troisième attentat-suicide à Tombouctou

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Le quartier de la grande mosquée, Djingarey ber

Tombouctou, la ville mystérieuse a vécu le 3attentat-suicide de son histoire hier 28 septembre 2013 vers les environs de 13 heures temps universel.

La cité des 333 saints a été occupée par les troupes d’Aqmi (Al-Qaîda au Maghreb islamique) et d’Ansar Dine d’avril 2012 à janvier 2013. Elle a connu bien de tourments et de coups de feu pendant cette période si trouble.

En effet, le Grand Nord du Mali s’est retrouvé entre les mains des combattants touaregs, arabes et autres bandits de grand chemin, venus ; dans un premier temps, pour prêter main-forte au MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) dans sa soi-disant lutte de libération de « l’Azawad ». Ensuite une fois le MNLA  maté sur le terrain, pratiquer une (article indéterminé, pour vous dire que cela n’a rien avoir avec « la vraie charia- la loi islamique » ) charia sur les populations qui ont décidé de rester sur place. Je me rappelle ma tristesse en novembre dernier à Tombouctou, le jour de l’Aïd el fitr : les rues étaient vides, les mines renfrognées, même les boubous ternes.

La voiture piégée est entrée par le nord de la ville encore une fois. La surveillance de cette partie de la ville a été laissée aux troupes maliennes et celles de la Minusma  pendant que les forces françaises  s’occupent de la zone de l’aéroport.  Le véhicule  est passé  derrière le monument de la paix, à Abaradjou (quartier des Arabes de Tombouctou qui n’ont pas hésité à se joindre aux nouveaux occupants, car adeptes des fraudes et certains alliés de longue date).

Les kamikazes à bord de cette voiture chargée, comme celles des fraudeurs quand ils quittent la brousse, a traversé toute la ville, pratiquement sans voir aucun poste de contrôle, ni même croiser une voiture de patrouille des forces républicaines sur place. Mais il faut dire que depuis la libération du nord par Serval, on n’a cessé d’attirer l’attention sur le manque de professionnalisme des armées africaines, qui ne pensent qu’à boire et à draguer les filles (qui veulent leur part de ces fortes primes dont ils profitent). Pour preuve, 6 pick-up de l’armée étaient garés devant le bar de Baba Toubabou (un natif de la ville qui tient un bar que les islamistes avaient bien détruit, mais fort prospère maintenant).

Ils ne pensent même pas à prendre pour exemple ces jeunes soldats français aux regards rendus translucides par le sérieux.  Ils ne quittent pas leur poste, ne voient pas les formes avantageuses des habitantes, respectant les ordres à la lettre. D’ailleurs, ils ne voient rien en dehors des ordres reçus.  Pour se sortir d’affaire avec un Malien, suffit de lui dire connaître sa belle-mère ou plaisanter en racontant des âneries sur le cousinage à plaisanteries (tu identifies son ethnie et tu te mets dans la peau de l’ethnie cousine : dogon-songhaï ; mandingue-soninké, pffff !!!!).

L’onde de choc de l’explosion a fait écrouler beaucoup de vieilles maisons du quartier Djingarey-ber (la grande mosquée classée patrimoine de l’humanité par l’Unesco) . La peur en a immobilisé beaucoup sur le coup. Que de murs fendus ! Le marché ? Complètement déserté par les vendeurs qui y ont laissé marchandises et bourses ! La poussière a mis des heures pour se disperser et malheureusement deux innocents, un ânier (pas le tien Limoune) et son fils, au bon moment dans le mauvais endroit y ont perdu la vie.   Des militaires auraient été blessés et les déclencheurs de la charge ont réussi leur mission et savent à l’heure qu’il est qu’ils se sont fait avoir par ceux qui les ont endoctrinés, car le paradis n’ouvre pas ses portes à une personne qui dérange 333 saints  de cette manière en tuant des innocents. D’ailleurs, il y a plusieurs saints enterrés dans le camp  ciblé. Une vieille tante me confia s’être fait une idée de l’apocalypse en sentant la terre et toute sa maison trembler avec l’explosion.  Elle en est restée paralysée un bon moment.

Depuis mars dernier, date du dernier attentat, la région semblait plutôt calme en dehors des combats entre Touaregs et Arabes. Les populations noires les prenaient avec une certaine distance, car ces derniers étaient les alliés d’hier contre eux.

Maintenant l’heure est au bilan. Faut-il voir une simple coïncidence avec l’attaque à la grenade de deux gardes maliens à Kidal et le retrait des Touaregs du MNLA des négociations avec le gouvernement malien ?  Moi je n’y croirais pas malgré le communiqué laconique du MNLA qui continue dans ses divagations en parlant d’attentat sur les terres de l’ « Azawad » alors qu’insistance est faite pour faire savoir que ce mot arabe (oui, pas touareg !) ne désigne en aucune manière tout ce territoire qu’il réclame, que les Touaregs qui le réclament sont minoritaires dans la zone et qu’aucune autre ethnie n’adhère à leur projet de République.

Je pense que nous n’avions vu que les cornes, pour traduire du djerma. Ce n’est que le début.  Ils feront tout pour faire pencher la balance des négociations en leur faveur et je ne pense pas que les liens du MNLA avec Aqmi et Ansar Dine soient aussi morts qu’ils le font savoir.la grande mosquée

ANSARDINE s’en prend aux chiens de Tombouctou: où sont les amis des animaux? (déjà que la tabaski est proche)

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ANSARDINE à TombouctouLes journaux, les radios, les sites internet relayent à coup de titres tapageurs les sévices que les occupants des trois régions du nord font subir aux populations (moi y compris !) , sur les mausolées profanés, et (héhé !) pourtant il y a du drôle à raconter.

Je ne parlerais que du cas de Tombouctou car ayant assisté aux premiers jours de l’occupation (d’autres diront que j’ai fuit, cela n’engage que moi) par le MNLA (haine est là me plait-je à dire) et ANSARDINE (âne-sardine drôle d’animal nourri à la charia). Est-ce parce qu’ils n’avaient pas de stratégie mûrement réfléchie avant leur raid militaire qu’ils étaient bizarres (je me répète mais c’est nécessaire) ?

Ils ont déjà interdit la cigarette, ils ont  cherché tous les bars et autres maquis pour en détruire les cargaisons d’alcool,  faisant sauter les bouteilles par des tirs dans le tas…  Là j’ai recueilli l’histoire d’un tenancier de bar du quartier Abaradjou  D… qui, quand il vit les moudjahidines s’arrêter devant son bar-restaurant, se vit pousser des ailes et sautant par-dessus un mur pour se retrouver dans la cour de sa belle-mère, oubliant complètement qu’il était torse nu et exhibant son gros ventre. Sa voisine qui me relata les faits se roulait en boule de rire surtout lorsqu’elle imitait le monsieur usant de gestes (la main devant la bouche) pour dire aux habitants de la maison de se taire. Deux jours après il était à Bamako. Son retour dépend certainement du départ de ces Djihadistes !

Quand ils se sont bien installés, après les pillages des services de l’Etat, l’enlèvement de toutes les voitures de l’Etat (vers quelle destination ?), ils ont quitté le camp (pour des raisons qu’ils n’avouent pas) parce que trouvant très louche (la main du saint Mahamane Tambatamba les auraient effrayés!) la mort naturelle de plusieurs combattants, mitraillés le monument d’Alfarouk (en représailles ?!!) ANSARDINE s’est installé et a chassé les rats du MNLA (qui arnaquaient la population noire surtout car avoir la peau blanche est une bénédiction sans tomber dans du racisme primaire je l’espère, c’est triste mais ce n’est que la vérité !). Tous les déplacés du nord au sud vous dirons que les rebelles ne fouillent que les autres (eux sonrai, peulh, bozos), les insultant et se fiant à leur flair pour détecter les militaires qu’ils appellent bambara (oui, alors qu’il y a un tas d’intégrés touaregs (ça y ait le mot est prononcé) qui sont même de pères Bambaras et militaires. Ils n’hésitent pas à faire descendre même les personnes âgées des camions tout en sachant que tout mouvement leur est difficile.

Cela me rappelle l’histoire de cette vieille dame de l’ethnie sonrai (majoritaire à Tombouctou et d’ailleurs au nord du Mali entier) qui me fit beaucoup rire en me racontant son périple (que je vous traduis du sonrai).

–          A Léré, ces maudits nous ont trouvé en train de manger dans une sorte de restaurant

–          Comment ça ? ce n’est pas un vrai ?

–          La femme a préparé le riz au gras le plus rapide de toute ma vie de cuisinière : elle a allumé le feu, elle a mis beaucoup d’eau, elle a mis du sel, un morceau de viande. Ça a bouillant un instant et elle a lavé du riz qui doit dater de l’année où je suis allé au Niger et  pas plus de  vingt minute et ils servaient les passagers  !

–          Vraiment tu as raison, dis-je, et les rebelles ?

–          Ils sont passés devant notre voiture deux fois sans rien nous dire

–          Ils sont ensuite revenus pour entrer dans la seule boutique  en face de nous. Il y avait un d’entre eux qui me regardait chiquer mon tabac un instant. Un gringalet-là

–          Ahan

–          Il s’est dirigé vers moi et m’a tendu un billet de 5000 F CFA

–          Tu l’as pris

–        oui mais je l’ai donné à mes petites-filles qui n’ont pas arrêté de dire que c’était un ancien amant, il pourrait être mon petit-fils même en réalité !

–          Peut-être que tu lui rappelle sa mère en chiquant le tabac !

–          Ces chiens ont-ils des mères pour nous faire ça ? je ne crois pas!

–          Alors qu’ils ont dépouillé d’autres de leur argent, ma tante tu as de la chance

–          Mais il y avait un imbécile qui ressemble à un amaldème (ce terme veut dire retardé mental au Mali) qui voulait me faire descendre de force quand  on était au bac de koriomé.

–          Il m’a dit « hey je n’ai pas dit à toutes les personnes de descendre ? (personne se dit boro en sonrai) » je lui ai répondu que je ne suis pas une personne mais un bargon (qui veut dire barrique en français), les gens ont tellement rit.

–          Tu es descendue?

–         Bien sûr que non il n’avait qu’à monter me faire descendre, Que Dieu les maudisse tous! rajoute-t-elle.

Et malgré toute la douleur qu’ils ressentent, les ressortissants de Tombouctou ne peuvent s’empêcher de rire quand ils se racontent ces anecdotes (teintés de mensonges selon le talent des narrateurs  pour se donner de l’importance peut être).

Ce qui nous a fait rire aujourd’hui  en famille ? Les rebelles s’en prennent aux chiens qu’ils repèrent à leurs aboiements et qu’ils canardent (pour s’entrainer en attendant les combats contre les troupes de la CEDEAO ? je me demande bien !). En tout cas ils affirment que c’est parce que le chien est un animal que l’islam n’apprécie pas il empêche aux bons esprits de rentrer dans la ville, soutiennent-ils !

–          mais ce sont eux les mauvais esprits qui empêchent aux bons de rester chez eux depuis qu’ils sont là. Que Dieu les maudisse ! ( encore une fois) en tout cas nous ne  leur pardonnerons jamais de nous avoir dispersés de cette manière !

 

A Tombouctou, les femmes se déshabillent pour protester contre les islamistes

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L’histoire serait rocambolesque, presque drôle si ce n’était sous un décor bien triste: Depuis le 31 mars 2012, la ville de Tombouctou est sous le joug des islamistes qui ont pris la place de l’Etat après le “repli stratégique” des militaires maliens. Les premières victimes de cette occupation sont les femmes, qui jusque-là libres sont obligées de se voiler encore plus (car le voile elles le portent à cause du vent et du sable).

La police islamique d’ANESARDINE n’hésite pas à fouetter des femmes en plein rue ou à  les poursuivre dans les ruelles de la vieille ville, entrant jusque dans les vestibules… Aujourd’hui les femmes ont décidé de révolter en se déshabillant d’abord  et en marchant vers la police islamique.

Ce n’est pas la centaine de femmes qui ont marché vers l’ancien bâtiment de la BMS qui se s’est déshabillée, mais seulement trois vieilles femmes qui ont exprimé leur ras-le-bol : il s’agit des vieilles femmes touaregs qui vendent leur poisson au marché de Yoboutao, qui comme toute poissonnière respectable ne lésinent pas sur les insultes (je ne vais jamais seule acheter le poisson à cause de leur habitude à blaguer et à insulter facilement et sans raison).

Comme à leur accoutumé maintenant, une patrouille de la police islamique composée de deux hommes faisait sa ronde quotidienne au marché, à la chasse aux femmes mal-habillées.  Ayant dépassé la partie des vendeuses de légumes, kalachnikovs aux les épaules, ils se sont dirigées vers trois vieilles femmes vendeuses de poissons, bien couvertes. Ils leur ont dit qu’elles n’étaient pas habillées comme le voulait la charia. Les femmes entrèrent dans une colère noire et enlevèrent tout ce qu’elles avaient comme vêtements en leur criant qu’elles en avaient marre d’eux et de leur charia !

Surpris? Abasourdis? Dépassés? Paniqués? Je ne sais quel verbe utiliser mais je sais quand même qu’ils sont resté ébahis une bonne dizaine de minutes à voir ces vieilles femmes nues qui entraînèrent toutes les femmes avec elles pour une marche de protestation vers les locaux de la police qui ne sont pas loin du marché, avant de tirer en l’air pour alerter la base qui encercla rapidement le marché.

Elles furent dispersées par des coups de feux en l’air, pendant que quatre ont été arrêtées (pour connaitre la raison de leur colère, prétend ANSARDINE). Comme elles refusèrent de parler sous cette contrainte contre laquelle elles protestent, elles furent libérées et c’est une autre du nom de Tina, habitante de Bellafarandi (un quartier de Tombouctou) qui expliqua tout le ressenti des femmes qui ne veulent plus voir ces étrangers les déranger pour cette histoire de charia.  “Nous étions musulmanes avant que leurs mères n’accouchent de ces m… que nous ne connaissons même pas, même leur chef Mohamed Moussa n’est qu’un coureur de jupons !”

A la tombée de la nuit , la ville des 333 saints est plongée dans le noir(délestage oblige) mais le cœur apaisé, enfin une réaction, peut-être de l’espoir ?